Il ne s’agit pas d’un besoin théorique de nomination, de catégorisation ou de REPRESENTATION de ce que nous sommes aujourd’hui (en terme artistique mais aussi anthropologique, social ou politique) sous la forme d’un concept un comme l’on peut parler de « romantisme », d’ « impressionnisme », de « surréalisme ». Il s’agit au contraire d’affirmer que notre aujourd’hui ne peut plus tenir dans une telle grille conceptuelle, que son régime d’existence n’est pas celui de l’unique et du simple mais celui du multiple, du feuilleté, du stratifié.
Il s’agit d’affirmer cela positivement, non en plaignant cette confusion « post post post…. moderne » mais en l’exposant dans cette nouvelle collection de paroles et de gestes multiples qui, eux-mêmes, font le choix de cette multiplicité ou complexité d’écriture, d’expression, de fonctionnement. Il s’agit de prendre ce support comme un langage : le faire parler TOTALEMENT comme PARTIELLEMENT en donnant libre cours à toutes ces langues qui le peuplent, l’animent, font de lui une cartographie mouvante, tout en étant chacune, à elle seule, l’amorce d’un monde à venir, à découvrir.
Jeu du ponctuel et du réseau : c’est bien un nouveau langage qui peut voir le jour ici.
CentQuatRevue n°2 orchestrée et composée par les 26 paires d’yeux de kom.post, rassemblera, progressivement, un ensemble de gestes résolument contemporains dans leurs formes afin que, dans leur rencontre progressive, entre eux mais aussi avec les lecteurs de toute sorte, cette expérience de production de sens, de signification en apparition processuelle soit non pas évoquée, pensée, mais aussi pratiquée. Facebook 
La recherche se mêle à la création, la plate forme de réflexion et d’échanges fait partie de la production (artistique et théorique) et lui est même nécessaire si nous faisons ce pari d’un objet qui aurait la forme de notre présent, qui saurait dire, grâce à sa langue multiple, quelque chose du « comment on (se) dit aujourd’hui ? ».
Si nous ne parlons plus ou n’entendons plus les discours forts, unifiés, propres aux temps des « Idéologies » et aujourd’hui remplacés par celui des « langues à petites idées », nous continuons et peut-être plus que jamais (si l’on en croit le foisonnement des moyens d’échange à distance, de joindre ou d’être joignable à tout prix…) un besoin de communication et d’expression évident.
Peut-être est-ce en se mettant au plus près de son travail et de son fonctionnement très singulier repérable dans les nouveaux réseaux de communication, d’échange des données etc que nous pourrions relever une sorte de « poétique de notre temps » ?
Pour se parler aujourd’hui, kom.post a fait le choix de l’alternance à distance-en présence sans que l’un n’ait la priorité sur l’autre. Les échanges par mails comme les présences virtuelles de certain des membres nourrissent les réunions physiques organisées à Berlin et inversement. Dans ce nouvel espace d’existence qu’est la revue en ligne, le collectif prolonge cette duplicité en alliant au site officiel, ses coulisses contributives par le biais de ces surfaces communautaires qu’ils transforment en véritable terrain créatif pour recueillir et intégrer les paroles et les œuvres de ceux qui sont d’habitude à la place du lecteur/spectateur.
Quelle langue , quelle écriture ces infinies mises en mots, gestes, sons, images… auxquelles se grefferont sans cesse de nouveaux prolongements, de nouvelles augmentations/perturbations, peuvent elles donner ?
Nous ne pouvons que lancer le processus et observer ce qui, au bout, comme par le milieu, se déposera sur nos pages évanescentes et nos esprits imprégnés.
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